Au XIXe siècle, sont apparues les premières ruches modernes qui facilitent grandement le travail de l’apiculteur. Elles se caractérisent par l’adoption de cadres amovibles, de dimensions précises et standardisées, qui permettent d’intervenir dans la ruche sans la détruire. Les rayons construits par les abeilles peuvent être facilement extraits et remis en place. Ils sont bâtis dans les cadres, ou suspendus à des barres ou barrettes sur lesquelles l’apiculteur a placé des amorces de rayons.

Il existe deux grandes familles de ruches :

  • les ruches verticales modulaires qui peuvent être agrandies par empilement vertical de modules standard ;
  • les ruches horizontales qui peuvent être agrandies par ajout de barres, latéralement.

Les dimensions des ruches verticales varient en fonction du nombre d’éléments empilés, les horizontales ont toujours le même aspect extérieur, et elles sont assez spacieuses pour accueillir des rayons supplémentaires, au fur et à mesure du développement de la colonie.

 

Ruches verticales modulaires à cadres

Les ruches portent souvent le nom de leur inventeur. Les ruches verticales modulaires à cadres les plus courantes en France sont les ruches Dadant, Langstroth, de Layens et Voirnot. On dit qu’une ruche est divisible quand tous les modules qui la composent sont de mêmes dimensions. C’est le cas de la Langstroth et de la Warré. La Dadant peut aussi se conduire en divisible en n’utilisant que des hausses. La ruche Dadant est certainement la plus utilisée en Europe.

Les ruches verticales à cadres sont constituées d’un empilement de caissons ouverts au-dessus et en dessous dans lesquels sont emboîtés des cadres qui peuvent être déplacés indépendamment les uns des autres. On y distingue :

  • un corps de ruche : c’est le domaine privé des abeilles et de leur reine. Il contient le couvain et assez de provisions pour qu’une colonie d’abeilles puisse passer l’hiver.
  • une ou plusieurs hausses que l’apiculteur pose sur le corps de ruche au printemps et en été. Les hausses sont le domaine de l’apiculteur, d’où il tire le miel. L’ouverture de la ruche se faisant par le haut, il est possible d’accéder aux hausses sans toucher au corps.

Cet empilement repose sur un plancher, débordant sur un côté, et constituant une plate-forme, appelé planche d’envol. C’est par là que les abeilles sortent et rentrent de la ruche. Le tout est assorti d’un couvercle et d’un toit.

Le corps et les hausses contiennent des cadres suspendus verticalement, sur lesquels les abeilles vont bâtir leurs rayons. Ces cadres sont amovibles : l’apiculteur pourra les sortir un à un de la ruche. Il pourra les remplacer, les placer dans une autre ruche, vérifier l’état de la colonie, etc.

Le corps peut être séparé des hausses par une grille à reine. Cela évite que la reine ponde dans les hausses. Ces grilles n’empêchent toutefois pas le stockage de pollen et de propolis dans les hausses, et freinent le mouvement des ouvrières, seules à pouvoir traverser la grille.

 

Ruches verticales modulaires à barrettes

La ruche Warré  a été créée en 1923. Elle est modulaire mais fonctionne avec des barrettes et non des cadres. Cela la rend peu coûteuse (pas d’achat régulier de cadres et de cire gaufrée). Elle nécessite beaucoup moins d’entretien mais produit beaucoup moins de miel que les ruches à cadres.

 

Ruches horizontales à barres

Actuellement, la ruche à barres Top-Bar, adaptée aux régions chaudes, et de faible coût et demandant peu d’entretien, suscite un vif intérêt, autant dans les pays en voie de développement que dans les plus développés.

Ne possédant pas de cadres, ce type de ruche implique peu ou pas de manipulation des rayons.

Certains modèles possèdent des vitres qui donnent un accès visuel aux rayons pour le contrôle.

 

 

 

 

 

 

 

Emplacement des ruches

Les ruches doivent être situées de manière avantageuse pour les abeilles. Une ruche ne doit pas être posée face à un obstacle (arbre ou bâtiment qui gênerait l’envol des abeilles), ou directement sur le sol (à cause de la végétation et des insectes invasifs). Les solutions consistent à placer une ruche suffisamment en hauteur, à couper régulièrement l’herbe susceptible de pousser devant l’entrée, et de placer les pieds de la ruche dans des bassines remplies d’eau (afin que les insectes rampants aient de la difficulté à y accéder).

Un rucher doit aussi être protégé du vandalisme, des animaux sauvages, et du climat. Pour cela,  il est possible d’entourer le rucher d’une barrière et de placer les ruches en lisière de forêt, sous les branches d’un arbre. Si le relief est montagneux, les ruchers gagnent à être placées en haut des pentes, de manière à surplomber la vallée et à faciliter l’envol des abeilles. Par ailleurs, ces zones sont souvent éloignées des agglomérations et de l’activité humaine, d’où une sécurité accrue pour les colonies comme pour les personnes.

L’accès à l’eau et à la nourriture est vital. Un abreuvoir ou une mare peut subvenir aux besoins en eau de la colonie.

Pour les ressources florales, les apiculteurs placent leurs ruches dans un environnement plus ou moins diversifié. Cela aboutit par exemple à la production de miel « toutes fleurs » ou à dominante. Le déplacement des ruches ou la transhumance est possible, parfois nécessaire dans certains environnements de monocultures.

 

Fabrication des ruches

Les ruches sont presque toujours construites en bois. Ce matériau présente toutefois quelques inconvénients : incrustation de maladies dans les fibres, tenue dans le temps, nettoyage difficile, peinture régulière, coût à long terme.

Depuis les années 2010, les ruches se modernisent de nouveau, avec l’apparition de thermo-ruches. Conçues en matériau PEHD, ces nouvelles ruches se prévalent d’une isolation sans pont thermique, d’un système de ventilation et d’une meilleure résistance aux intempéries et aux incrustations. Certaines gammes incorporent une instrumentation permettant la surveillance du rucher et des colonies d’abeilles.

Récemment des apiculteurs australiens ont développé une ruche appelée Flow qui permet de récolter du miel sans l’ouvrir et en dérangeant donc moins les abeilles. Les alvéoles s’ouvrent en deux et laissent échapper le miel lorsque l’apiculteur actionne un robinet.

 http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/deux-apiculteurs-australiens-font-fortune-avec-cette-incroyable-ruche 933702.html

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