abeille

Les abeilles sont des insectes hyménoptères de la famille des Apoïdes, dont les membres ont pour caractéristiques communes de posséder une longue langue pour recueillir le nectar, de disposer, sur les pattes arrière, d’un astucieux système pour entreposer le pollen et d’être poilus. Il en existe plusieurs milliers d’espèces  : des abeilles grises, noires ou jaunes qui se distinguent sur plusieurs critères comme la pilosité, le mode de nidification, les types de plantes butinées, etc. Certaines abeilles vivent en solitaire, d’autres en colonie, certaines piquent, d’autres n’ont pas de dard, …

En apiculture, les principales espèces d’abeilles utilisées sont :

Apis Mellifera Mellifera

Elle est la plus couramment utilisée par les apiculteurs, connue sous le nom d’abeille noire, en référence à sa couleur. C’est la plus stable dans le temps. Une race peu essaimeuse, qui démarre spontanément l’élevage royal et où peuvent coexister, pendant quelque temps, deux reines (l’ancienne et la jeune).
Sa langue courte ne l’empêche pas de butiner dans les corolles les plus profondes, comme l’acacia.
L’abeille noire s’enfuit rapidement face à la fumée, mais elle excelle dans sa capacité à stocker le pollen et le miel.
Néanmoins, à la sortie de l’hiver, la melliféra melliféra prend plus de temps, que les autres espèces, pour se développer.

Mellifera Ligustica

Une abeille douce et essaimeuse, connue sous le nom d’abeille italienne, en référence à son origine. Elle est très répandue dans le monde. Son grand potentiel de ponte a fait d’elle une abeille très prisée dans les opérations d’hybridation. Elle excelle à travers sa capacité à s’adapter. Néanmoins, au-delà de la méditerranée, elle a du mal à passer la période de l’hiver.

Caucasienne

Une abeille grise, douce et très poilue. Elle provient du Caucase d’où son nom d’abeille caucasienne. Connue pour avoir la langue la plus longue et pour sa grande capacité à propoliser. Elle a été très prisée dans les années 70-80, surtout pour sa douceur et sa tenue de cadre.
C’est une abeille qui produit du bon miel, en butinant les fleurs profondes (acacia, luzerne)

Carniolienne

Originaire du sud de l’Autriche, l’abeille carnolienne est très fréquente du côté des Alpes et de la Mer noire et plus particulièrement dans les zones urbaines. Une abeille grise, douce, souvent utilisée en croisement avec l’italienne. Son comportement diffère selon les croisements. Elle convient aux productions de miellat, comme le sapin.

Buckfast

L’abeille Buckfast est abeille hybride, créée en Angleterre à partir de croisements de plusieurs races, pour remédier à la détérioration du cheptel de l’abbaye de Buckfast, suite à une épidémie d’acariose.
Elle est douce, prolifique, et résiste bien aux maladies. Mais, ces abeilles sont peu essaimeuses et s’adaptent mal aux récoltes de printemps.

Les abeilles possèdent toutes des sens très développés :

  • L’odorat assuré par des antennes aux multiples fonctions : repérer des sources de nectar, communiquer entre elles par des sécrétions odorantes,…
  • La vue sur 360°, grâce à deux yeux comptant chacun entre 4000 et 6000 facettes munies d’une lentille cornéenne, d’un cône cristallin et d’un nerf optique ce qui leur permet de se repérer.
  • Le toucher, grâce à des récepteurs sensoriels disposés sur tout le corps et des antennes qui leur permettent de connaître l’environnement physique (humidité, teneur en gaz carbonique,…).
  • Le goût, grâce à des pattes antérieures sensibles aux solutions sucrées, des antennes et une bouche

L’ouïe, grâce aux vibrations ressenties par les pattes arrières, et grâce aux antennes.

Les abeilles ont des fonctions psychologiques remarquables pour un si petit cerveau : 960 000 neurones dans moins d’un millimètre cube (100 milliards chez l’Homme). Malgré leur vie de groupe, l’abeille se démarque également par des comportements individuels surprenants. De part l’activité qui lui est attribuée, une ouvrière vit environ de quatre à six semaines. En hiver son espérance de vie augmente largement, n’ayant pas les dizaines de tâches a effectuer pour produire du miel.

Dans la ruche, chaque ouvrière à sa place : récolter le pollen, le transformer ou nourrir les jeunes larves. Ces comportements sont déclenchés par stimulus olfactifs ou visuels. D’autres abeilles vont mémoriser les sources les plus nectarifères et vont se repérer dans le paysage dans un rayon de dix kilomètres autour de la ruche en retenant les différents obstacles, la disponibilité temporelle des végétaux. En rentrant elles décriront, par une danse bien spécifique, la distance à laquelle se trouve ce fameux puit de nectar.

On a mis en évidence chez l’abeille, le comportement dit de constance florale : dès qu’une fleur est visitée et qu’elle contient un bon potentiel nectarifère, l’abeille garde ces informations en mémoire et ne visitera, par la suite, que les fleurs de la même espèce. Ces insectes n’abandonnent que cette espèce si plusieurs fleurs sont sans nectar.
Les abeilles distinguent les couleurs mais aussi les formes. Elles savent distinguer un champs agricole d’une surface forestière.

Les abeilles vivent généralement en colonie de 20000 à 80000 individus. Dans une ruche, on distingue 3 catégories d’individus : une reine, des ouvrières et des faux-bourdons. Chacune possède des particularités propres et doit assumer des tâches bien distinctes avec un but commun : la survie de la colonie.

La reine 

Au cœur de la ruche, la reine se distingue physiquement des autres abeilles par son abdomen plus long et plus large. Si l’ouvrière mesure autour de 15 mm, la longueur de la reine peut aller jusqu’à 20 mm. N’ayant pas le même rôle que les ouvrières, ses pattes n’ont pas besoin d’être dotées de peignes, de brosses et de corbeille.

Son système olfactif est aussi moins développé et elle a une langue plus courte.  Son dard lui sert à se battre avec les concurrentes et peut servir plusieurs fois. Enfin, sa démarche est plus lente que celles des autres butineuses.

Pilier de la vie de la colonie, la reine des abeilles est une abeille à part entière, qui, dès sa conception est destinée à un rôle majeur pour la survie de l’espèce. Une ruche ne peut pas survivre sans sa reine. Son influence sur ses ouvrières et ses faux bourdons s’exerce grâce à la sécrétion d’une phéromone.
Le rôle de la reine durant sa vie, longue en moyenne de 5 années, est exclusivement de pondre des œufs pour assurer la survie de la colonie : jusqu’à 2000 par jours et plus d’un million au cours de sa vie. Nourrie gelée royale, la reine détient l’exclusivité de la fécondité au sein de la colonie. Elle vit la plupart du temps dans la chambre à couvain au milieu des œufs, des larves et des nymphes. Elle ne sort pratiquement jamais de la ruche. Les ouvrières lui apportent la nourriture nécessaire et assurent le nettoyage de ses excréments. Elle est la seule abeille à se nourrir exclusivement de gelée royale depuis le stade larvaire.
Cinq à six jours après son émergence, la reine atteint sa maturité sexuelle. La fécondation a ensuite lieu à l’extérieur : la reine prend sont envol , elle est poursuivie par des abeilles mâles attirés par sa forme et ses phéromones mandibulaires. L’accouplement a lieu en vol. La reine s’accouple avec plusieurs mâles afin de stocker des millions de spermatozoïdes  dans une poche appelée spermathèque. Elle y puisera tout au long de sa vie lorsqu’elle voudra féconder ses ovules.

 

La reine va ensuite pondre des œufs qu’elle fixe par une extrémité au fond de l’alvéole. Une fois placé dans l’alvéole, l’œuf paraît debout. Il mesure environ 1,5 mm de longueur et 0,3 mm de diamètre. L’œuf se développe et après 3 jours se couche au fond de l’alvéole, pour éclore par dissolution de sa membrane, et devenir une petite larve de 1 mm. Les œufs fécondés vont donner naissance à des abeilles, reines ou ouvrières. Les œufs non fécondés donneront naissance à des faux-bourdons.

Les ouvrières

Les autres femelles de la ruche constituent l’ensemble des abeilles dites ouvrières. Elles ont deux missions distinctes :

  • la fabrication du miel : le butinage, fabrication de la cire, le transfert du nectar et la ventilation.
  • l’entretien de la colonie : elles doivent s’assurer du bon développement des larves, nourrir la reine et les faux-bourdons, assurer la sécurité de la ruche.

Au cours de leur vie, les ouvrières vont remplir successivement plusieurs fonctions.

  • La nettoyeuse (J1-J3): Les jeunes abeilles se consacrent quasi exclusivement au nettoyage, de leur cellule puis des autres cellules vides du couvain.
  • La nourrice (J3-J9). Pendant cette période, les jeunes abeilles peuvent nourrir le couvain grâce à leurs glandes nourricières. Elles déposent une goutte de nourriture larvaire au fond de la cellule, près de la bouche de la larve.
  • La magasinière (J9-J12). Lorsque les butineuses reviennent à la ruche chargées de nectar ou de pollen, elles transfèrent le précieux butin. Pour le miel, l’abeille receveuse aspire avec sa langue le nectar régurgité par la butineuse. Ensuite à plusieurs reprises, la receveuse, régurgite puis ingurgite à nouveau le nectar en vue de le déshydrater jusqu’à une concentration de 18% d’eau. Pour le pollen, l’abeille butineuse décroche dans une cellule libre les pelotes de pollen. Des ouvrières malaxent alors ces pelotes avec de la salive et du miel régurgité et tassent le tout dans une cellule qu’elles recouvrent au final, d’un film de miel afin d’en assurer la conservation.
  • La cirière (J12-J18). Les abeilles se coordonnent entre elles pour assurer la construction des cellules, lesquelles sont inclinées de 13° pour permettre le stockage du miel au fond des cellules. L’abeille cirière utilise ses glandes cirières, en émettant des petites écailles de cire auxquelles elles ajoutent de la salive qu’elles malaxent avec leurs mandibules.
  • L’architecte et la maçonne. Il s’agit pour les abeilles de construire les rayons et les alvéoles de la ruche, pour stocker le miel et le pollen et aussi de permettre à la reine de pondre. Pour construire les rayons, les abeilles s’agrippent les unes aux autres en formant une chaîne et élaborent ainsi les cellules en partant du haut vers le bas.
  • La ventileuse. La ruche conserve une température située entre 32° et 36°. Lorsque la température est élevée et que la quantité d’abeilles est importante, elles vont chercher de l’eau à l’extérieur, la régurgitent et ventilent en se plaçant à la sortie de la ruche, tête tournée vers l’intérieur en battant des ailes. Si la température est insuffisante, les ouvrières se collent aux cellules du couvain et font vibrer leurs muscles thoraciques pour produire de la chaleur.
  • La gardienne (J15-J25). La défense de la ruche est assurée par des ouvrières spécialisées. Elles se postent à l’entrée de la ruche et elles observent. Leur rôle est de vérifier que les abeilles qui entrent dans la ruche appartiennent bien à leur colonie. Ceci pour éviter le pillage des réserves. En cas de danger, elles alertent d’autres abeilles (les soldats) qui vont venir attaquer l’intrus (abeille pillarde d’une autre ruche, insectes divers, guêpes, frelons, petits mammifères intéressés par le contenu de la ruche).
  • La butineuse (J22 – mort). C’est la dernière phase de vie d’une ouvrière. Il s’agit d’aller rechercher avant de mourir le nectar, le pollen, l’eau et la propolis qui vont permettre à la colonie de survivre. Après une première séquence de repérage, la butineuse part rechercher le précieux butin. Le pollen est récolté puis ramené à la ruche. Une butineuse peut effectuer d’une dizaine à plus d’une centaine de voyages par jour, selon la distance de la ressource. La récolte d’une sortie varie de 10 à 30 mg par abeille

L’ouvrière vit environ 30 jours pendant la saison estivale, entre 30 et 60 jours au printemps et à l’automne et 140 en période hivernale.

En Hiver, pour faire face au froid et au manque de nourriture, les abeilles forment une grappe autour de la reine. L’objectif est de produire la chaleur indispensable à la survie de la colonie.

Les abeilles pénètrent à l’intérieur des cellules vides et remplissent les espaces entre les rayons pour réduire les déperditions de chaleur. Les abeilles formant la couche externe ont la tête dirigée vers le centre et relèvent leurs ailes à un angle de 45° environ. Celles qui se trouvent au centre produisent de chaleur en contractant frénétiquement leurs muscles de vol sans bouger leurs ailes. Plus les températures diminuent, plus la grappe se contracte pour diminuer les déperditions de chaleur.

Lors des hivers les plus rudes, la grappe se contracte tellement qu’il arrive qu’elle perde le contact avec le stock de provisions. A ce moment-là, les abeilles risquent un engourdissement qui pourrait leur être fatal. Ce n’est donc pas tellement le froid qui tue les abeilles mais plutôt le manque de nourriture.

 

Les faux-bourdons

On peut différencier les faux-bourdons des ouvrières de par leur morphologie. Ils sont plus gros et un peu plus longs. Leurs yeux sont également plus imposants car leur bonne vue leur permet de repérer rapidement la reine lors des vols d’accouplement.

Au sein de la ruche, le rôle des abeilles mâles est particulièrement limité : ils ne sont présents que pour s’accoupler avec la reine. Ils ne fabriquent pas de miel et n’assurent pas de protection de la ruche car ils possèdent pas de dard. En hiver, les ouvrières peuvent même les expulser de la ruche, pour éviter de les entretenir et économiser de la nourriture.

Les faux-bourdons peuvent vivre jusqu’à 90 jours en saison chaude et une trentaine de jours au printemps.

 

Le couvain d’abeille

Dans une ruche, le couvain désigne l’ensemble des œufs, des larves et des nymphes contenus dans les alvéoles et protégés par les ouvrières.

Trois jours après la ponte, une larve d’environ un millimètre sortira de chaque œuf. Toutes les larves seront nourries à la gelée royale au début du stade larvaire. Après trois jours, le régime alimentaire changera selon les décisions prises par les abeilles nourrices : de la gelée royale pour celle qui deviendra une reine et une alimentation à base de miel et de pollen pour les ouvrières et les mâles. Ce n’est donc pas la génétique qui déterminera l’avenir d’une larve femelle mais le choix des abeilles. Le développement de la larve se fait sur 5 mutations successives. Après quelques jours, les ouvrières vont « operculer » les alvéoles contenant les larves.

Ces dernières vont ensuite passer du stade de larve à celui de nymphe. La durée de ce stade dépendra de la destinée de l’abeille : 5 jours pour une reine, 10 jours pour une ouvrière et 11 jours pour un mâle. Ce stade voit la création des antennes et des autres organes sensitifs : yeux, bouche… Les organes du thorax et de l’abdomen, ainsi que les pattes et les ailes se forment à ce stade. Une fois ces délais terminés, on assistera à l’émergence de l’imago, l’abeille proprement dite. Les mandibules se forment, permettant à l’imago de percer l’opercule de cire. Une fois adulte, il sort de l’alvéole et bat des ailes. La cuticule formée à l’extérieur sèche progressivement durant 12 heures, et l’abeille commence son travail. Il pèse alors entre 80 et 280 mg en fonction de sa caste

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